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Réinventer l'identité professionnelle pour réussir l'adoption de l'IA

Réinventer l'identité professionnelle pour réussir l'adoption de l'IA

Nacira MARCIANONacira MARCIANO
Culture5 min

Réinventer l'identité professionnelle pour réussir l'adoption de l'IA

Dans notre précédent article, nous avons identifié que l'échec de l'adoption de l'IA provient souvent d'une focalisation excessive sur les outils (le bas de la pyramide de Dilts) au détriment de la psychologie (le haut de la pyramide).

Maintenant, allons droit au cœur du problème. L'arrivée de l'IA générative n'est pas une simple mise à jour logicielle. C'est un séisme qui force chaque collaborateur à renégocier la définition même de son métier : son identité (Niveau 5).

Le choc : "ce que je faisais vaut 20 euros"

La majorité des plans de transformation IA générative se concentrent sur la base de la pyramide : l'environnement et les capacités. On fournit l'accès aux LLM et on forme au "prompt engineering" (le comment). C'est nécessaire, mais insuffisant.

Le véritable frein réside dans la friction cognitive aux étages supérieurs. Imaginez un expert senior — juriste ou contrôleur de gestion. Pendant vingt ans, il a construit sa valeur sur une capacité technique précise : rédiger un contrat, auditer un bilan. C'était son "faire". Soudain, une machine réalise cette production en quelques secondes. En lui disant "l'IA gen va te débarrasser des tâches fastidieuses", le message reçu est souvent : "ce que tu as mis des années à maîtriser vaut désormais 20 euros par mois, le coût d’une licence".

C'est ici que les croyances limitantes se cristallisent (Niveau 4). Plutôt que de voir l'IA comme un levier, le collaborateur la perçoit comme un rival. "Si je n'écris plus, je ne pense plus." Si le leadership tente de résoudre ce blocage de croyance par encore plus de formation technique (niveau inférieur), l'échec est garanti. Il faut monter d'un étage.

La crise de l'identité : redéfinir le "qui suis-je ?"

Puisque le blocage se situe au niveau des croyances ("Mon expertise n'a plus de valeur"), la solution doit venir du niveau supérieur : l'identité. L'arrivée de l'IA gen force chaque collaborateur à renégocier la définition de son métier. Nous vivons une transition historique d'une identité de "producteur" vers une identité de "architecte".

Cette mutation demande à vos managers de ne plus être ceux qui ont les réponses techniques, mais ceux qui savent poser les questions. Elle demande à vos experts de devenir des éditeurs, des stratèges et des garants de la véracité. L'identité ne se fonde plus sur la pénibilité de l'effort, mais sur la pertinence du résultat.

  • L'ancien modèle : la valeur venait de la pénibilité de l'effort et de la page blanche vaincue.
  • Le nouveau modèle : la valeur vient de la pertinence du résultat, de la stratégie et de la vérification.

Vos experts doivent devenir des éditeurs et des garants de la véracité. Les organisations qui réussissent ce virage sont celles qui accompagnent leurs talents dans ce deuil de l'ancien modèle. Elles ne disent pas "l'IA va faire à votre place", mais "l'IA change qui vous êtes : vous passez d'exécutant à superviseur".

Reconnecter la technologie au sens

Finalement, pour que cette nouvelle identité soit acceptée, elle doit être tirée vers le haut par le sommet de la pyramide : la mission. L'intelligence artificielle ne peut être une finalité.

Pour le comité exécutif, l'enjeu est de clarifier le "pour quoi ?". Si l'IA libère 30% du temps, où ce "dividende de temps" doit-il être réinvesti ? Dans l'excellence client ? L'innovation ? L’équilibre de vie pro-vie perso ? Sans cette étoile du Nord, l'IA reste un outil anxiogène. En la rattachant à la mission de l'entreprise, elle devient le carburant d'une ambition collective.

Incarner la nouvelle posture

Redéfinir l'identité professionnelle de vos équipes ne se fera pas par décret. C'est un changement culturel qui demande du temps et, surtout, de l'exemplarité. En tant que dirigeant, votre rôle est de valoriser publiquement ceux qui supervisent la machine plutôt que ceux qui tentent de la battre à la course. Vous avez maintenant la méthode (la pyramide de Dilts) et la cible (l'architecte). Reste une question pratique : où se situent vos équipes aujourd'hui ? Pour le savoir, il faut oser poser les bonnes questions. C’est l’objet de notre dernier volet : l'audit de vérité.


Vous avez la méthode (Dilts) et la vision (passer à une identité d’architecte). Mais concrètement, comment savoir ce qui se passe dans la tête de vos équipes ? Dans notre dernier article, nous vous donnons des questions pour auditer votre organisation avec la pyramide de Dilts.


✨ Note de transparence de l’autrice : cet article est co-construit avec Gemini 3 à partir de mes inputs, mon angle, mes idées. J’ai réalisé plusieurs itérations seule ou avec l’IA Gen. Et l’article a été finalisé par mes soins pour en assurer la clarté et la pertinence. Une revue interne est faite par notre rédacteur en chef avant publication.